LES KASBAHS DE L’ATLAS

#325
MAJORELLE (Jacques). LES KASBAHS DE L’ATLAS. Dessins et peintures rehaussées de métaux. Paris, Chez Jules Meynial, 1930. Album grd in-4° (39 x 30 cm), 30 planches, tranches argentées + cahier de 15ff, sous couv. en tissu «  Flammannam  » brodé, contreplats et gardes de papier argent imprimés en noir et en couleurs (cartes du Maroc et  de la région traversée avec itinéraires datés)  ; l’ensemble sous chemise-étui rigide à liens recouverte de parchemin vert.    

PRIX SUR DEMANDE (fata.libelli.paris@gmail.com)

Album comprenant 30 superbes planches du peintre et aquarelliste Jacques MAJORELLE (1886-1962), toutes tirées à part et montées sur support cartonné  : 21 en quadrichromie  rehaussées d’or et d’argent et 9 en offset. Légende imprimée au dos de chaque planche.

L’ouvrage est accompagné d’un cahier de présentation comprenant  : une lettre du maréchal Lyautey à Jacques Majorelle, un texte de Pierre Mac Orlan, «Sur les pistes du sud avec Jacques Majorelle», une table détaillée des 30 planches et la justification, ainsi qu’une photo de «  Jacques Majorelle dans le sud avec les Mokhaznis  » exécutée en taille-douce mécanique par Desfossés-Néogravure. Ce cahier a été tiré sur véritable papier d’Auvergne à la main, brut, fabriqué par la Société des Papiers d’Auvergne.

Composés en caractère Europe de Deberny et Peignot, les textes ont été tirés par l’Imprimerie Studium. Publié sous la direction de Lucien Vogel.

Tirage limité à 520 ex. numérotés (dont 20 H.C.).

TRÈS BON EXEMPLAIRE DE CET ALBUM EMBLEMATIQUE DE L’EPOQUE ART-DECO.

Né en 1886, fils de l’ébéniste Louis Majorelle, figure emblématique du courant Art Nouveau de l’École de Nancy, Jacques  M. a longtemps fréquenté l’atelier de son père avant de suivre les cours de l’École des Beaux arts de sa ville, section architecture et décoration.

En 1903, il arrive à Paris où il fréquente l’Académie Julian. À partir de 1910, il sacrifie à son goût des voyages, visitant l’Espagne, l’Italie, l’Égypte… et le Maroc où il va s’installer en 1917, à Marrakech.

En 1919, il s’engage sur les pistes du Sud marocain d’où il rapporte un Carnet de route d’un peintre dans l’Atlas et l’Anti-Atlas.

S’il explore aussi l’Afrique noire, le Sud marocain est devenu sa terre de prédilection, comme en témoigne son superbe album (présenté ici).

En 1937, il décore sa villa de Marrakech de couleurs vives – dont un bleu  désormais dit “Majorelle”. Il l’entoure d’un somptueux jardin, ouvert au public en 1947. À la suite d’une fracture, il est rapatrié en 1962 à Paris où il mourra peu après.

J.M. exposa à Nancy, Paris, Casablanca, Rabat, Londres et Marrakech. Il participa à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs de 1925 et à l’Exposition coloniale internatonale de 1931, tenues à Paris.

«  … Muni d’une faible escorte de mokhaznis, par des sentiers impraticables, parfois en zone d’insécurité, vous pénétrez au cœur de la montagne berbère»,  écrit le maréchal Lyautey dans sa lettre à Jacques Majorelle. «  Vous atteignez ainsi, par delà les cols du grand Atlas, les régions du  Ouarzazat, du Sous et de l’Anti-Atlas, retrouvant dans leurs casbahs, véritables châteaux forts médiévaux, les caïds de Marrakech. Grâce à eux, vous pouvez, sur place, étudier la vie, les coutumes de leurs farouches tribus, de ces centres berbères encore presque entièrement inconnus, où vous pénétriez parfois, le premier Français, avant même nos officiers de renseignements, en tout cas le premier peintre, et vous en rapportiez avec, avec vos toiles, les plus précieux renseignements pour notre politique indigène en ces lointaines contrées.

(…) «  Qu’il me soit permis, en terminant, de vous remercier de la vivante évocation que constituent pour moi vos «  Casbahs de l’Atlas  ». Elles font revivre à mes yeux tout le charme prenant, toute la poésie du Sud marocain, que vous avez si bien su rendre en ces dessins aux chaudes couleurs, aux lignes résolument modernes, qui font de vous le peintre de Marrakech et du grand Atlas marocain  »

«  J’ai gardé de Marrakech et de sa place Djeemaa – écrit ici Pierre Mac Orlan – , un souvenir profond (…) Ce n’est pas tant une vision étrangement et discrètement colorée qu’un mélancolique souvenir de sons et d’odeurs… Le miracle sonore ouvre toutes les portes du Sud où les grandes kasbahs s’étagent aux flancs de l’Atlas vers Ouarzazat ou vers la plaine du Sous. Là peuvent encore s’épanouir les cortèges magnifiques des grands marchands nomades qui se dirigent vers Marrakech, ville de l’eau, des femmes et des surprises occidentales. Ce sont ces pistes qu’un des hommes les plus curieux parmi tous les peintres de sa génération suit, d’année en année, pour l’impérieux plaisir de voir, «  de s’émerveiller de voir  », comme dit le soldat de Kipling.

«  Au sud de Marrakech, c’est le domaine de l’aventure, de l’aventure telle que la désire et telle que la conçoit Jacques Majorelle. C’est l’aventure dans la lumière qui anime des réalités multicolores et somptueuses. (…) Peu d’hommes connaissent mieux ce Maroc encore mal défini. Jacques Majorelle le possède par la force même de cet extraordinaire amour qu’il éprouve pour ce pays où tout se dissimule dans la lumière. (…)

«   Les couleurs de l’Atlas contiennent, à la fois, tout ce qui peut être dit sur le sud de Marrakech. Elles peuvent devenir d’élégantes captives pour qui sait en comprendre la nature tumultueuse. Jacques Majorelle a compris et l’importance décorative d’un rose marocain et son importance sociale. Les couleurs donnent à la vie un sens particulier.(…) Jacques Majorelle, par ses goûts et sa façon de vivre, est devenu lui-même une production naturelle de cet Atlas vainqueur. Ce n’est plus lui qui a découvert l’au-delà de ces hautes montagnes, mais c’est plutôt l’Atlas qui a découvert son peintre…  » («  Sur les pistes du sud avec Jacques Majorelle  ».

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